Révolution des Œillets (25 avril 1974) : films, spectacle et livres pour comprendre cet événement historique

lionel cecilio vignette youtube

La fleur au Fusil (2025) seul en scène de et par Lionel Cécilio

C’est le point de départ, bien sûr. Ce qui a donné lieu à une interview après que je sois allé voir ce spectacle.
Sur scène, Lionel ne s’attache pas seulement à raconter la Révolution des Œillets. Il cherche aussi à la faire ressentir. D’en faire une matière vivante. Corps. Voix. Souffle. Texte.

Capitães de Abril/Capitaines d’avril (1999) de Maria de Medeiros
Ce film retrace la Révolution des Œillets du 25 avril 1974 à Lisbonne.

Edgar de Mathieu Sapin
Une bande dessinée sur un témoignage précédant le révolution portugaise

Mathieu Sapin et son beau-père, Edgar, arpentent les rues de Lisbonne, pour donner corps aux souvenirs du septuagénaire, adolescent et jeune homme pendant les dernières années de la sombre dictature de Salazar.

Les années précédant la Révolution des Œillets de 1974 ressurgissent, grâce au talent de conteur du septuagénaire. Il décrit précisément son engagement dans l’organisation clandestine du Front d’action populaire, son rôle dans les prémices de la Révolution, ses ancêtres prestigieux. Mais jusqu’où faut-il croire quelqu’un qui assure que, selon l’adage portugais, « en te disant la vérité, je te trompe » ?

Ce docu-BD ne s’arrête pas à la description de cette période charnière de l’histoire du Portugal moderne. Il pose la question de la véracité des témoignages qui façonnent les récits historiques et met en valeur l’idée d’engagement, deux notions qui font écho aux risques politiques qui irriguent notre actualité.

Isabela Figueiredo, née en 1963 dans un Mozambique encore sous domination lusitane, se souvient.

Elle nous livre ses observations d’enfant et son histoire profondément liée à celle de son père, un être aimé et aimant qui est néanmoins l’archétype du colon raciste, sexiste et violent. La petite Isabela grandit dans une ambivalence brutale en relation à ce dernier, entre adoration et rejet. Il s’agit d’exposer une attitude, une posture qu’elle n’a jamais tolérée mais dont elle portera toujours le poids.

Ce livre est aussi le récit singulier d’une enfant en route vers l’adolescence qui découvre donc la vie, le désir et la sexualité, pleine d’une innocence curieuse, qui vivra seule l’expérience du rapatriement en 1975 en métropole. Comme les centaines de milliers de Portugais rentrés à cette époque, elle connaîtra le rejet et la honte due à sa condition de retornada. Son père, resté au Mozambique, lui confie une mission : raconter ce qu’ils ont vécu. Elle le fait ici mais sans aucun ménagement pour les colons. Elle dit sa vérité brute, raconte l’injustice, l’illégitimité et la violence d’un tel système.

Porté par une écriture crue et frontale, au rythme cadencé, ce point de vue offre une vision inédite de l’histoire portugaise et coloniale.

carnet de memoires coloniales

Les mémorables de Lidia Jorge
Un roman sur les mythes de la révolution au Portugal

CVT Les memorables 6644

Dans cet épisode avec Lionel Cecilio, nous explorons comment le théâtre permet de transmettre la mémoire du 25 avril 1974.

L’interview que j’ai réalisée avec Lionel Cécilio. À partir de son parcours de vie, de son lien intime au Portugal et de la naissance de ce spectacle, la conversation s’ouvre sur des questions plus larges : la transmission, le silence, le rapport au public, le doute, et ce que signifie continuer à créer sans toujours se sentir légitime.
Le fil invisible qui traverse tout l’épisode, c’est la parole empêchée, le silence transmis, la peur intériorisée et ce que le théâtre permet de déplacer. En Lionel Cécilio, l’aspect politique, familial et artistique ne sont jamais séparés…
On parle aussi e théâtre comme espace de rencontre et de transmission. Et de ces histoires du passé qui continuent de résonner dans notre présent.

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