Julie Louart : théâtre immersif, féminisme et expérience sensible avec la compagnie Des Criards

Julie Louart transforme le théâtre en terrain d’expérience sensible : sons spatialisés, proximité avec les interprètes, vidéo qui enveloppe… On n’assiste plus au spectacle, on y entre.

Julie Louart, metteuse en scène et directrice de la compagnie Des Criards, défend un théâtre immersif, charnel, qui casse le « quatrième mur » pour mieux nous relier. Dans son interview, nous avons parlé de liberté d’expression, de luttes et de lumière (ses trois mots-boussoles) et de la façon dont l’art peut déplacer nos certitudes. Julie raconte sa manière d’envelopper le public : sons spatialisés, vidéo, proximité avec les interprètes… on ne “regarde” plus le spectacle, on y entre !

On traverse aussi l’histoire du Festival Le Vivier, nomade, pluridisciplinaire, populaire au sens rassembleur avec un fil rouge simple et nécessaire : de soi à l’autre, quand les frontières deviennent des ponts. Au cœur du programme : une Veillée de libre pensée (prendre la parole en toute sécurité) et un Circle Song final pour créer, ensemble, une matière musicale commune.

Entre anecdotes de formation, mentors, coups de foudre artistiques et rituels d’avant-scène, Julie partage une énergie contagieuse : faire du plateau un espace d’émancipation. Si tu as soif de découvertes et d’émotions franches, cet épisode te tend la main… et t’invite à passer côté coulisses.

Au programme de cet épisode :

  • Un théâtre immersif et féministe, où le public devient acteur
  • L’art comme espace de liberté, de luttes et de lumière
  • Le Festival Le Vivier, nomade et pluridisciplinaire, qui relie les voix et célèbre l’inclusivité
  • La Veillée de libre pensée et un Circle Song final pour créer ensemble

À propos de Julie Louart
Metteuse en scène et directrice de la compagnie Les Criards, elle défend un théâtre charnel, engagé et rassembleur. Ses trois mots-boussoles : liberté, luttes, lumière.

Pour aller plus loin :
Site de la Cie les CriArts : Cie Les CriArts

Julie Louart : L’idée est que le spectacle vienne au public, qu’il ne soit plus seulement spectateur mais impliqué. Quand on casse le cadre, on surprend, on provoque une émotion, parfois déstabilisante, mais essentielle.

Isabel : Ta compagnie affiche trois mots : Lutte, Engagement, Lumière. Pourquoi ?

Julie Louart : Ce sont des valeurs héritées d’une amie comédienne disparue. Elles symbolisent le théâtre comme acte de résistance, mais toujours poétisé, tourné vers l’espoir.

Isabel : Peut-on dire que tu es une artiste féministe ?

Julie Louart : Oui, complètement. Ma pièce Mon corps est une arme est immersive et féministe, un acte de résistance. L’art doit bousculer, interroger, transformer.

Isabel : Parlons du Festival Le Vivier, dont tu es la directrice artistique. Qu’est-ce qui le caractérise ?

Julie Louart : C’est un festival nomade, pluridisciplinaire, populaire au sens rassembleur. On y vit des veillées de libre pensée, où chacun peut prendre la parole, et un Circle Song final qui unit tout le monde par la musique.

Isabel : Pourquoi cette nomadité ?

Julie Louart : Au départ, une contrainte, puis une richesse. Chaque lieu nous ouvre à d’autres publics, d’autres quartiers, d’autres rencontres.

Isabel : Quel est ton rêve pour le festival ?

Julie Louart : Qu’il continue, s’élargisse à d’autres territoires, comme la Picardie d’où je viens, et qu’il reste un espace de nouveauté et d’espoir.

Isabel : Revenons à ton parcours. Quel a été ton déclic artistique ?

Julie Louart : À 12 ans, dans une colo, en jouant dans un petit film. Ensuite, j’ai suivi des cours, fait des études de théâtre, et très vite j’ai eu envie de mettre en scène, de partager un univers collectif.

Isabel : Tu enseignes aussi le théâtre ?

Julie Louart : Oui, avec des enfants, ados et adultes. C’est essentiel de leur donner un espace de parole et d’expression.

Isabel : Un rituel avant d’entrer en scène ?

Julie Louart : Toujours : un cercle avec l’équipe, un cri libérateur, des mots personnalisés pour chacun.

Isabel : Ton dernier coup de cœur culturel ?

Julie Louart : Zaho de Sagazan. J’ai découvert son travail et j’ai été bouleversée.

Isabel : Et ton lieu préféré hors théâtre ?

Julie Louart : Sous ma couette, avec la personne que j’aime, à lire et rêver ensemble.

Isabel : Merci Julie pour cet échange. On se retrouve pour la prochaine édition du Festival Le Vivier !

En quoi le travail de Julie Louart est-il féministe ?
Julie Louart place les corps, les voix et les luttes des femmes au cœur de ses créations. Son théâtre revendique la liberté d’expression, l’autonomie et une parole qui circule sans hiérarchie.

Quel est le rôle de la compagnie Des Criards ?
La compagnie Des Criards porte les créations de Julie Louart. Elle défend un théâtre charnel, sensible, participatif, qui fait tomber le quatrième mur et recherche la rencontre directe avec le public.

Qu’est-ce que la Veillée de libre pensée ?
C’est un moment où chacun peut prendre la parole en sécurité. Un espace d’expression simple, horizontal, qui valorise les récits, les idées, les émotions. Une forme de rituel collectif.

Comment fonctionne le Festival Le Vivier ?
Le Vivier est un festival nomade, pluridisciplinaire et inclusif. Il réunit différents artistes dans des lieux variés (comme le Théâtre El Duende en 2024) avec un fil rouge : relier les voix, transformer les frontières en ponts.

Qu’est-ce qu’un Circle Song ?
Le Circle Song est une création musicale collective guidée par une personne chef de chœur. Le public compose ensemble, par couches et par motifs, une matière sonore commune.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Écoute ton podcast sur la diversité artistique